Se renfermer sur soi-même. Avancer puis reculer pour s'écraser sur un pare-brise comme un vulgaire moustique qui n'a pas eu de chance en traversant une autoroute. Réfléchir à ses actes et puis réfléchir à sa vie, comme si tout autour de nous était superficiel. Car beaucoup de choses le sont en fin de compte. L'alcool, la clope, la drague, la violence même parfois. Comme d'habitude j'ai un passage philosophique après une soirée avec des amis. Mais qui suis-je? Après tous ces événements j'ai vraiment perdu cette réponse à cette question que beaucoup de monde se pose; et tout cela me fait peur. Oui je suis effrayée, appeurée par l'effervescence des gens autour de moi qui ne ressentent pas ce qu'il se passe au fond de mon coeur. Effarée de voir comme le monde peut aller bien, ou presque, sans les personnes qu'on aime. Prendre sur moi ne me suffit plus. J'arrive à un stade où les les regrets de profiter de la vie alors que d'autres ne le peuvent plus sont plus forts que tout. Je suis là au milieu de tous ces gens qui se collent, qui dansent, qui ne pensent à rien d'autre que s'amuser, qui boivent, qui palpent de leurs mains moites et suaves tout ce qu'ils peuvent; et moi je suis perdue. Je ne sais pas où aller, vers qui aller, avec qui y aller ni même comment y aller. Ce monde est carrément trop puissant pour moi.
Cela va bientôt faire un an qu'ils sont partis. Deux jours après cette date anniversaire, je vais fêter ma dix-septième année. Mais qu'importe d'avoir dix-sept ans quand tout autour de soi est fictif et sans lendemain, quand tout n'est qu'illusion éphémère, quand tout s'écroule sur vous petit à petit. Qu'importe de prendre une année en un jour si les personnes auxquelles vous tenez le plus au monde ne sont pas là pour vous prendre dans vos bras.
Je vais vous dire: bientôt un an que je contemple ce monde qui m'entoure, et je ne l'ai jamais trouvé aussi fade et dénué d'interêt. Sont mis hors de cause mes amis et ma famille qui m'ont toujours aidée et soutenue, quoique je fasse, mais le reste? La fête, le lycée, l'alcool, la cigarette d'après-manger, le quotidien; rien n'a plus le même sens et ne l'aura jamais. Je suis vide. Vidée n'énergie, vidée d'espoir, vidée d'enthousiasme, vidée d'optimisme. La passivité, votre passivité, me tue. Et la mienne m'achève.
Ne les oubliez pas.
Ne m'oubliez pas.