On avance, on progresse, on recule, on se plante, on se retrouve sur le cul à compter les défaites accumulées. On en parle, on le garde pour soi, on rempli la coupe avant de faire déborder la vase. On explose ou on implose. On marche, on court, vers quelque chose d'indéfini, on perd son souffle d'avoir voulu vivre trop vite et puis on tire sa révérence. On avance les ½illères autour des tempes, on galope si vite qu'on croit tout semer et puis en fin de compte ça nous rattrape, ça nous coupe l'herbe sous le pied et les kilomètres parcourus semble des millimètres. On gravit la falaise, on s'accroche aux accoudoirs du trône sans jamais l'obtenir, et puis quelqu'un s'y assoit à notre place. On s'affale contre un mur, les yeux embués, on regarde autour de nous sans trop y croire, on se frappe la tête contre les murs mais la foule ne désemplit pas, elle ne désemplit jamais, elle fluctue comme une mer en colère puis elle nous emporte. Je n'étais pas prête pour ça, personne n'a jamais été prêt pour ce genre de choses, jamais personne. On est pas forts, on est pas intouchables ni même indestructibles, on nous le rappelle constamment. C'est une lutte quotidienne qui ne se lasse pas de nous foutre des battons dans les roues. Y a pas de voile à lever, pas de grands discours à faire puisque personne ne comprendra jamais et n'acceptera jamais. Autant tout garder pour soi.
Oui ce blog me plaît, mais pas ce qu'il contient. C'est un passé lourd, douloureux et pratiquement insurmontable. Ce sont des choses qui me tuent. Et je suis à moitié morte. Alors, autant s'interrompre ici.